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Comment travailler avec quelqu’un qu’on n’aime pas ?

Comprendre, anticiper et contrer le phénomène.

Le travail en équipe est quasi systématique chez les étudiants. Aujourd’hui vous devez travailler en équipe mais vous n’avez pas choisi vos coéquipiers ? Vous vous retrouvez même avec quelqu’un que vous n’aimez pas ? Pas de panique. Cet article vous permettra de comprendre ce qu’il va vous arriver, de relativiser et surtout d’avoir des conseils pour que cela se passe bien.

Photo by Marvin Meyer on Unsplash

Comprendre la dynamique d’une équipe

Une organisation élaborée

Les équipes, de manière générale, sont composées de personnalités souvent différentes qui travaillent parfois de façon opposée. Le chef d’équipe/de projet est tel un chef d’orchestre qui doit superviser le travail afin d’obtenir une harmonie dans l’atteinte de l’objectif donné. Les membres de l’équipe, quant à eux, doivent s’accorder, le temps d’un projet, mettre leurs différends de côté s’il y en a et avancer dans un but commun. Cependant, le travail d’équipe chez les étudiants est différent de n’importe quelle autre équipe : beaucoup de travail sur le temps personnel et travail à distance. Ces spécificités favorisent les tensions. Si l’équipe a donc été imposée ou si elle est nouvelle, le fonctionnement de celle-ci doit être réellement explicite pour assurer sa réussite.

Chaque équipe a son propre fonctionnement : celui qui convient à tous.

Il n’y a pas de modèle universel à respecter. Mettre à plat les “règles de départ” permettra de donner un cadre et, s’il y a un différend, de s’y référer. Cela passe par la définition des rôles de chacun, la répartition des tâches ainsi que les supports à utiliser pour communiquer. Vous, étudiants devant travailler à distance, il est également important de définir des moments précis pour les échanges ou pour faire des points réguliers.

Des rôles distribués et acceptés

Les équipes d’étudiants sont différentes sur ce point également comparées aux équipes classiques. Vous êtes dans une période d’apprentissage. Il se peut donc que certains n’aient pas encore la maîtrise des tâches qui vont leur être confiées. Cette donnée est à prendre en compte dans la définition des rôles mais également dans les résultats attendus.

Chaque membre doit avoir un rôle clair et précis en fonction des compétences qu’il a ou qu’il souhaite acquérir via le projet. Les définir ensemble permet donc de connaître l’objectif de départ du membre : est-ce qu’il veut utiliser ses compétences déjà acquises pour réaliser des tâches qu’il maîtrise ou alors est-ce qu’il veut profiter de ce projet pour tester ses connaissances et être sur des missions sur lesquelles il est en apprentissage ? Cette première donnée permettra à l’équipe d’être plus ou moins indulgente envers lui.

Les rôles doivent être globalement complémentaires. Les travaux de groupe sont intéressants car ils permettent de produire une quantité de travail beaucoup plus importante que si l’on est tout seul. Cela n’est possible que s’il n’y a pas de “doublons” dans les compétences à proposer dans l’équipe.

Une fois la base de l’équipe créée, le but qui incombe au chef de projet est de répartir les tâches de manière équitable pour que chaque membre ait la même charge de travail.

“Nous n’avions pas défini les rôles et au final j’ai passé tout mon temps sur une partie alors qu’une autre fille l’avait déjà faite” Caroline, 22 ans, étudiante en communication.

La communication, la solution à tous nos maux

La communication est indispensable. À partir du moment où l’on doit interagir avec plusieurs personnes, il faut se parler et être sincères. Les travaux de groupes peuvent générer des frustrations, des incompréhensions ou des injustices involontaires. Il faut que chaque membre puisse parler librement au sein de son groupe et puisse exprimer son mal être facilement. N’hésitez pas à définir un médiateur si vous savez que des personnes ont des différends dans leurs relations personnelles. Cela permettra de ne pas aller au clash directement.

“Dans mon équipe, on ne s’entendait vraiment pas bien en dehors des cours. On a commencé le travail en étant tous fermés les uns aux autres. Il n’y avait aucune communication entre nous. Du coup, le travail était totalement désorganisé, on n’avançait pas et surtout, on se reprochait tous un tas de trucs”. Caroline, 22 ans, étudiante en communication.

Une équipe doit être solidaire

L’équipe ne peut fonctionner que si les membres sont solidaires entre eux. Il faut donc définir un but commun et y aller ensemble. Pour cela, il faut que chacun s’accorde à faire passer les intérêts du groupe avant ses intérêts personnels le temps du projet. Cependant, la nuance qui incombe au chef de projet, c’est qu’il doit tout de même prêter attention aux intérêts personnels de chacun. Il faut que ce travail collectif soit bénéfique à chacun et que la vie personnelle de ses membres n’en pâtissent pas. Cela implique que tout le monde doit être bienveillant les uns avec les autres et doit être dans une dynamique de groupe.

Pour finir, l’équipe doit rester solidaire même en cas d’échec. Lorsque l’objectif n’est pas atteint, ou que finalement le travail ne s’est pas bien passé, cela doit être de la responsabilité de l’équipe entière. Même dans l’échec, la solidarité doit primer. Pour cela il faut faire preuve de maturité et garder en mémoire que vous êtes un groupe et que donc la responsabilité est partagée.

“Au final, j’en ai eu marre de cette ambiance hyper néfaste. J’ai réuni tout le monde autour de la table. J’ai tenté de régler les conflits latents entre les membres. Moi-même j’étais en conflit avec une des filles. J’ai été franche envers elle. Même si on n’était pas amies, je voulais réussir ce travail avec elle. Finalement, on a rendu notre projet et on a eu 17 ! Au final, nos efforts ont payé. » Caroline 22 ans, étudiante en communication.

La bonne cohésion d’équipe : saint graal pour réussir le travail en équipe et sauver sa vie personnelle

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Pourquoi avoir une bonne cohésion d’équipe dans vos projets de groupe ?

Les travaux de groupe rythment nos cursus de formations, du BTS au Master ils font toujours l’objet de véritables sources de stress, mésentente ou encore de conflit.

« On n’était pas du tout en phase et du coup j’ai passé tout mon temps perso sur ce projet alors que j’en avais plein d’autres à faire et des examens qui arrivaient » – Guillaume, 19 ans, étudiant en langue

En effet, lorsque vos travaux de groupe virent au désastre, vous vous retrouvez dans une situation particulièrement désagréable. Certains expriment ce sentiment par une mauvaise ambiance au sein du groupe, alors que vous ne supportez pas certains membres d’entre eux, il vous faut alors vous armer de patience.

Mais pourquoi la bonne cohésion d’équipe est essentielle non seulement pour vous mais également pour la bonne réalisation de votre projet ? Le constat est simple : la cohésion d’équipe permet le plus souvent une meilleure performance du travail de groupe et donc une meilleure note. De plus, lorsque vos projets de groupe se passent bien, vous pouvez savourer le plaisir et la fierté d’un travail bien réalisé et cela sans stress tout en pouvant vous consacrer à d’autres projets comme le fameux mémoire de recherches en Master. Voilà pourquoi lorsque le choix nous appartient, nous choisissons de travailler avec les camarades que nous connaissons bien et en qui nous avons confiance.

En dehors du cadre scolaire ou professionnel, la confiance est synonyme d’assurance de croire et de pouvoir se reposer sur quelqu’un sans mettre en doute son intégrité. Dans le cadre d’un groupe de projet, 2 dimensions sont distinguables :

La confiance de l’équipe pour son chef de projet :

Si vous n’avez encore jamais eu l’occasion de réaliser des travaux de groupe avec des rôles bien précis, sachez qu’il est fortement recommandé de définir un chargé de projet qui “managera” votre groupe. La perception que vous aurez concernant la personnalité de votre chargé de projet (notamment sa capacité à gérer votre groupe et ses compétences sur le sujet) sont essentiels.

– La confiance entre les membres du groupe de projet :

Ici, il s’agira de la capacité du groupe de savoir s’écouter, de prendre également en considération les avis de chacun qu’ils soient divergents ou non. Par ailleurs, il est également question de savoir s’appuyer les uns sur les autres, de partager des tâches tout en restant constructif et de communiquer entre vous.

La confiance : un point de départ

Quels risques pour votre groupe ?

Votre groupe partage un objectif commun : avoir la meilleure note possible. Ainsi, l’unité de votre groupe est synonyme de performance, le fameux : 1 + 1 = 3.

Sans la confiance, cette unité ne pourra se faire, car c’est elle qui fera face aux comportements jugés improductifs tels que le repli sur soi-même ou l’individualisation. Il est régulier que les objectifs personnels de chacun de vous prennent le pas sur l’intérêt collectif de votre groupe. Dans cette situation, votre chargé de projet se retrouve souvent désarmé face aux problématiques de votre groupe et votre responsabilité est alors engagée.

“ À la fac, j’ai travaillé avec des personnes en qui je n’avais aucune confiance. Du coup, j’ai dû repasser après chacun d’entre eux pour relire et même parfois refaire leurs parties…” Guillaume, 19 ans, étudiant en langue

Votre groupe se retrouve dans un climat tendu où chacun a tendance à favoriser la rétention d’information, notamment les éléments essentiels à votre projet de groupe. La collaboration entre vous se dégrade et c’est à ce moment précis que vous commencez à regretter vos camarades avec qui vous auriez voulu travailler, mais vous n’avez pas eu le choix et vous vous devez de rectifier le tir.

En conséquence, sans une solide cohésion construite autour d’une confiance partagée, la performance du groupe devient médiocre et la note s’en ressent.

Confinement : une révélation des méthodes de travail à distance

Photo by Marvin Meyer on Unsplash

Comme vous devez le vivre aujourd’hui, la pandémie du coronavirus nous a tous obligé à faire preuve de créativité et d’adaptabilité pour poursuivre nos diplômes et notamment les projets de groupe en cours. À l’heure où travailler à distance était impensable dans les universités et écoles supérieures, les étudiants comme les enseignants ont découvert de nouveaux outils afin d’y faire face.

Tout au long de l’année nous sommes amenés à travailler en groupe sur divers projets, et vous-même vous savez combien il est difficile d’accorder les agendas de chacun. En l’absence d’outils ou de plateformes, ce travail se révèle particulièrement compliqué voir conflictuel.

“L’un des membres de mon groupe n’était jamais dispo, j’ai fini par faire des points sans lui ! Et à cause de cela, nous avons eu du mal à avancer et à nous organiser…” – Guillaume, 19 ans, étudiant en langue

Cependant, cette crise sanitaire nous apporte des évolutions de mentalités mais également de nouvelles possibilités de travail. Vous le vivez tous actuellement, nous expérimentons de nouveaux outils devenus aujourd’hui indispensables tels que : Teams, Zoom, Slack ou Loom. Ainsi, cette situation a priori problématique nous apporte plusieurs points positifs pour mener à bien nos travaux de groupe même après cette crise sanitaire :

Une gestion de projet amélioré

Vous êtes tous dans l’obligation de rester chez vous, mais vos cursus scolaires ainsi que vos projets de groupes sont maintenus ! C’est l’un des points positifs que l’on réserve à cette période particulièrement difficile, une gestion de projet mise à rude épreuve mais deux vertus ressortent :

● Votre cohésion d’équipe n’aura jamais été aussi forte ! Vous gardez le contact, chacun partage ses anecdotes de confinement… Vous n’avez encore jamais autant parlé à ces personnes avec qui vous n’aviez pas d’affinité apparente.

● Vous découvrez de nouveaux outils, comme Teams ! L’occasion idéal de tester des réunions de projets afin que certains renouent le lien avec la civilisation… Ces outils sont une véritable libération pour les chefs de projets stressés qui pensaient perdre de vue les membres de leurs groupes de travail. Visioconférence, partage d’écran, partage de fichier, canal de communication commun et individuel, toutes les réponses à vos problématiques antérieures à cette crise sanitaire.

Un cadre de travail apprécié

Qui n’est pas heureux de ne plus à supporter les bouchons, de pouvoir dormir 1 heure de plus ou encore de pouvoir rester en pyjama ? Depuis le confinement, vous êtes moins fatigué, moins stressé et surtout vous êtes plus productif, puisque moins de facteurs viennent vous polluer pendant vos moments de travail. De plus, c’est l’heure de devenir plus autonomes et d’être également plus concentrés. Prenez votre pause quand vous en avez besoin seulement, ainsi, plus vite le travail est fait plus vite vous aurez du temps pour vous !

PLACE À LA PRATIQUE

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http://isabellefettu.fr/fonctionnement-dequipe-roles-et-responsabilite/ https://a2lconseil.fr/2-comment-fonctionne-une-equipe/ http://theconversation.com/lincompetence-professionnelle-et-sociale-premiere-cause-dune-mauvaise-ambiance-de-travail-114772 https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/le-teletravail-ou-l-art-de-conjuguer-qualite-de-vie-et-performance-au-travail-6361154 https://madame.lefigaro.fr/business/teletravail-reunion-cours-a-distance-ces-applis-devenues-gratuites-le-temps-de-lepidemie-170320-180362

Témoignage – Guillaume, 19 ans, étudiant en langue

Témoignage – Caroline, 22 ans, étudiante en communication

© Audrey Degusseau et Hélène Messier

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