ACTUS

L’infidélité : une banalité générationnelle ?

Un contexte environnemental de plus en plus alarmant

Selon le psychologue-sexologue Yves Dallaire, 90% de la population considère que l’exclusivité sexuelle est importante, voire primordiale. Pourtant, il existe de nos jours un réel sentiment de multiplication des infidélités.

Nous remarquons une différence de comportement entre cette génération et la précédente, comme si cette notion d’exclusivité était dépassée.

Grâce aux nombreuses applications et sites de rencontres (les plus connus étant Tinder , Grindr et Meetic), il est désormais plus simple d’être infidèle, surtout lorsque certains sites mettent un point d’honneur à garantir la totale discrétion de leurs utilisateurs. Ces sites dits extra-conjugaux possèdent de plus en plus de visibilité et d’importance, tel Gleeden qui affichent dans les stations de métro : “ Être fidèle à deux hommes, c’est être deux fois plus fidèle ”.

De nombreuses applications permettent de localiser des inscrits dans les environs, ce qui facilite davantage les rencontres, en prenant contact avec des personnes proches de chez soi.

Il semblerait que l’infidélité soit de plus en plus exposée dans notre société, que ce soit au travers de films, livres ou séries. Cette « médiatisation » de l’infidélité impacte la perception des usagers.

Cela permet d’apporter au spectateur de nouvelles possibilités ou de nouveaux désirs, qui le pousseront potentiellement à tenter des expériences inédites.

Malheureusement, la fiction ne peut dépeindre le risque de destruction émotionnelle ressentie par la personne qui sera trompée, ce qui peut amener à un acte involontairement blessant.

Cependant, ne pas se limiter à un seul partenaire devient de l’infidélité seulement si le couple a initialement défini cela comme de l’infidélité. C’est ce qu’on appelle la tendance du “couple ouvert”, qui elle, se multiplie. Cela pourrait s’expliquer par la disparition, partielle ou totale, des tabous par rapport à la sexualité et à la place de la femme dans notre société. Cela est vrai aussi pour la liberté d’expression à propos de ces deux thématiques. Ces questions sont dans l’ère du temps et sont liées au développement des moyens de communication ainsi qu’à la disparition du sentiment qu’ont certains hommes d’avoir un sentiment de supériorité sur la femme. Dans un couple dit ouvert, les deux parties tentent de s’exprimer plus librement sur leurs désirs personnels, tant émotionnels que sexuels. L’infidélité devient donc le dépassement de cette limite, que ce soit dans une tromperie.


Il serait donc plus sensé de parler d’une banalisation de la communication et de l’expression de ses désirs, donc d’un lien de confiance accru entre les partenaires qui peuvent, si les règles du couple l’autorisent, devenir un couple libre. La tromperie n’est donc pas toujours banalisée, peut-être que ce sont les conséquences qui ne sont pas comprises. Pour conclure, ce sont bien les couples libres qui sont de plus en plus communs, mais l’infidélité est néfaste dans une relation de confiance, tant par ses effets directs que sur le long terme. La tromperie est peut-être davantage tolérée de nos jours mais elle n’est pourtant pas toujours acceptée.

Amandine GABRIEL & Nicolas PEYROCHE

L’infidélité : une banalité générationnelle ?
To Top