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RT France, Brut, Médiapart, etc. Que valent les nouveaux médias d’information que tout le monde regarde sur le net ?

Leur indépendance est leur principal argument commercial. Présents uniquement sur Internet, ils prennent une place de plus en plus importante au sein du paysage médiatique : The Conversation, Ebdo, Le Media, Brut, Loopsider, et d’autres plus anciens comme Médiapart ou le Canard enchaîné. Qui sont ces médias d’information, et que valent-ils réellement ?

Un contenu adapté au monde d’aujourd’hui

Les années 2018 et 2019 sont marquées par l’éclosion de ces nouveaux médias d’information sur la Toile. Pure players, ou uniquement sur les réseaux sociaux, ils se sont démultipliés en l’espace de quelques mois. Prônant leur indépendance et l’accessibilité, ils se présentent comme une alternative aux médias traditionnels et proposent une nouvelle définition du journalisme

Depuis les années 90, le développement d’Internet, et plus globalement, des technologies de l’information et de la communication (TIC) ont transformé le paysage médiatique et le rapport que nous avons à l’information. L’avènement des réseaux sociaux a amené les médias à repenser leurs outils et moyens de diffusion. Il y a ceux qui sont présents uniquement sur internet : les pure-players ; et ceux qui sont allés plus loin en ne limitant leur présence que sur les réseaux sociaux.  Ils s’éloignent du format traditionnel et proposent beaucoup de contenus sous format vidéo, à l’instar de Brut, ou Loopsider.

L’exemple le plus connu : Brut

Brut a vu le jour en 2016. Autoproclamé « 100% vidéo, 100% digital », ce nouveau média, qui diffusait uniquement sur les réseaux sociaux, dispose depuis peu d’un site internet reprenant les vidéos publiées sur Facebook et Twitter. Brut a été lancé par des vétérans de l’audiovisuel : Renaud Le Van Kim – ancien producteur sur Canal+  ; Guillaume Lacroix, cofondateur du Petit Journal. Brut s’est très vite démarqué et a imposé sa marque de fabrique : vidéo d’information courte, saccadée, sous-titrée avec une musique de fond.

D’autres médias font peu à peu leur nid...

On peut citer à cet effet Loopsider qui est un média de vidéos courtes d’actualités, optimisées et diffusées gratuitement sur les réseaux sociaux. Leur cible : les jeunes qui ne lisent pas ou peu. Il a été fondé par une équipe très orientée web (Johan Hufnagel, ancien numéro deux de Libération ; Giuseppe de Martino, ex-directeur général de Dailymotion, et Alexandre Maillard, ex gérant du numérique chez Discovery). La différence entre Loopsider et Brut : les sujets traités.

Des médias, comme The Conversation, ont décidé d’innover en mélangeant journalisme et recherche. Déclinaison française d’un site australien, le média donne la parole aux universitaires et vulgarise des recherches trop souvent cantonnées aux revues scientifiques.

Entre information sérieuse et divertissement

Selon une étude menée par Cision France, 91% des journalistes utilisent les réseaux sociaux pour exercer leur métier et 54% d’entre eux les considèrent même comme indispensables à leur communication. Plus qu’une simple tendance, il s’agit désormais d’un véritable outil de travail dans le cadre du métier de journaliste. L’évolution de la demande d’information a poussé les journalistes à s’adapter aux habitudes du public, pour qui les réseaux sociaux sont omniprésents dans leur quotidien.

Fini le temps des articles linéaires et détaillés, désormais les internautes recherchent de l’information brute et qui se consomme rapidement pour les partager en ligne. Le journalisme d’investigation fait place au scoop et au divertissement. Cette absence de valeur d’information pose question quant à la qualité des messages transmis et l’infobésité. Certains journalistes sont même rémunérés en fonction du nombre de vues par article, les incitant à produire toujours plus d’articles en un laps de temps très court et effectuer une veille permanente sur les articles déjà publiés.

Qu’il soit récent, comme RT France (branche francophone de la chaîne russe RT), ou plus ancien, à l’instar de Mediapart, ces médias ont tous leur particularité et traitent tous l’information de manière différente. Et c’est là qu’il faut garder un esprit critique face à ce qu’on peut lire sur la toile et l’impartialité de certains médias. On le sait, l’arrivée de ces nombreux médias coïncident avec le nombre grossissant des fakes news, à moins que ce ne soient ces médias les relayeurs de ces dernières ? Dans tous les cas, vérifier l’information semble être un réflexe nécessaire aujourd’hui.

Le journalisme fait face à de nouveaux défis et, pour survivre, il devra s’adapter, en se réinventant jour après jour et devra proposer du contenu toujours plus original et sérieux. Nul doute qu’il n’y aura pas la place pour tout le monde.

ANNABELLE FAVERY – BRARD MARC-ANTHONY

RT France, Brut, Médiapart, etc. Que valent les nouveaux médias d’information que tout le monde regarde sur le net ?
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